Un moment de tendresse

Blog no. 10 | 13 septembre 2016

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Un moment de tendresse.

Je réalise que la course est maintenant pour moi un moment de tendresse. Ça fait un bout de temps que je me demande où j’en suis dans ma relation avec elle et Eureka! Je viens de trouver.

C’est un moment de tendresse. Rien de plus. Mais cette émotion, cette grande tendresse, je ne me la permets jamais dans cette vie où l’agenda, la liste de tâches qui n’en finit plus, les attentes de tous envers moi et celles de moi envers moi sont énormes. Ça en fait beaucoup. OUF! Je veux dire, en aucun moment je ne suis réellement «hors ligne». Avec la course, je suis dans la tendresse.

Celle envers moi.

Celle envers les autres.

Celle envers les saisons.

Envers la lumière différente à chaque matin

Envers mon corps: Le fort, le résilient, l’endurant, le p’tit tabarouette qui me fait des peurs parfois.

Envers les gens avec qui j’ai l’honneur de courir.

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Nous papotons tout bonnement sans agenda. Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous avez laissé le temps à l’autre de vous raconter dans le menu détail ses vacances et que, pas une seconde, ça ne vous a tenté de lui couper la parole, de lui dire de faire ça vite un peu, de mettre moins des détails parce que, bien il y a tant à faire.

Nous sommes tous pareils, incluant moi évidemment. Nous sommes en mode «survie» 24 heures sur 24. C’est comme ça. Comment en sommes-nous arrivés là? Pas de temps. Nous avons tout, mais si peu de temps. Pas une minute. Rien, pfff parti! Pas de temps pour prendre le temps.

Et voilà que je trouve que ce que j’aime le plus de la course, ce n’est pas de courir. Non, ce que j’aime le mieux c’est la rencontre, d’avoir du temps pour cela.

La rencontre.

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Prendre le temps de se permettre de «rencontrer» l’autre. Celui que l’on connaît déjà ou celui que l’on a qu’entrevu à plusieurs reprises, mais dont on ne sait rien. Puis tout à coup, cette personne te raconte comment étaient ses vacances. Le lit croche du petit hôtel à 250 mètres de la plage. Les petits détails qu’on ne partage jamais parce que nous sommes toujours en train de maximiser notre temps. Parler sans avoir à se presser et surtout parler parce que l’on sait que l’autre est là. Pas sur son cell, pas sur son iPad. Non, là. Juste là. Ça devait être comme ça sur les galeries voilà 70 ans. Papoter. Tout doucement. Sans agenda, sans but d’autre que de partager.

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Puis rencontrer l’endroit. Celui où je me trouve maintenant, à cette seconde. Le voir. L’admirer. Le regarder. Doucement, sans empressement. Et se rencontrer soi-même. Cette personne un jour énergisée, le lendemain épuisée ou préoccupée par les aléas de la vie. Cette personne qui pense toujours trop. La laisser respirer à travers les pas. À travers le rythme régulier du contact des semelles sur le sol. La laisser reprendre son souffle. Oui, tout à fait. Reprendre son souffle en courant. Cela peu sembler étrange, mais en fait, il n’y a pas plus efficace. Se laisser aller vers l’avant. Tout doucement. Avec tendresse.

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Prendre le temps de rencontrer la beauté environnante. Je sais, je sais, vous ne comprenez rien. De la beauté Josée? Ça va pas? C’est du béton partout, de l’asphalte, des panneaux de vitesse, des pylônes électriques et des centres d’achat. Non, mais lâche la drogue un peu!

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Non justement, je persiste. Il y a les fleurs, les jolies maisons où des gens vivent et s’aiment, de belles voitures que les gens ont acquises en travaillant fort, les fleurs dont ils prennent grand soin, le ciel jamais pareil, le vent, la verdure et l’horizon qui me permet de voir loin. Loin dehors, loin dedans. Et calmement. Voir loin sans anxiété. Juste voir, recevoir en fait. Bien plus que voir. Et prendre et s’approprier la force du moment et du paysage.

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Vous comprenez?

Si vous ne comprenez pas, c’est que vous n’avez pas le trois minutes qu’il faut pour ça. Peut-être n’avez-vous que des secondes. On fait bien peu avec des secondes. Demandez à un arbre, il vous expliquera.

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Bipolaire

Blogue no. 9 | 29 avril 2016

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Je vais pleurer.

Je vais pleurer longtemps sans pouvoir arrêter.

Le dix ans est dépassé depuis quelques jours seulement et déjà, je suis dans le scénario que je croyais être de la bouillie pour les chats. Je veux dire le Doc m’avait dit tellement de choses un peu incongrues sur mes genoux, sur ma capacité à courir, sur la durée de vie «normale» des genoux des humains, qui semble-t-il, n’auraient pas suivi l’évolution et eux, seraient «scrapts» avant notre coeur, nos poumons et tout le reste, que le « dix ans que va durer le résultat de votre opération », bien je l’avais mis dans mon coin de cerveau qui s’appelle «whatever»!whatever

Il m’avait aussi dit, «Madame, vous ne courrez plus jamais». J’étais une jeune dame de quarante ans et on me poussait déjà à la chaise berçante aussi bien dire à la chaise électrique! Quand tu es un coureur, que tes amis sont des coureurs, que tes partys sont à 7h le matin dans le froid matinal avec des amis en shorts et du Gatorade, bien faut comprendre que tu es un peu fêlée et que pour toi, c’est ça «fêter»! C’est ce dossard épinglé sur ta nouvelle camisole super hot que tu as acheté juste pour cet évènement, avec ces nouveaux runnings qui vont t’amener 21,1 km plus loin dans l’inconfort le plus confortablement possible.

Tous ces détails qui deviennent un seul lot. Un bonheur précieux. Un bonheur vers l’avant.

Retour en arrière :

31 mars 2006 : opération au genou droit pour remplacer le ligament croisé antérieur complètement déchiré et pour deux méniscectomies. Tout ça à cause d’une très mauvaise chute en ski alpin. Déjà maganés, arthrose niveau 3, par des années de ski dans les champs de bosses de Jay Peak, de Killington, de Sainte-Anne puis par plusieurs années de course sur les talons. Mon coach du temps disait: «allonge tes foulées Josée!!!» Je n’y manquais jamais! 

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Neuf ans et dix mois passent… Nous voilà en janvier 2016 : je commence à avoir mal à mon genou droit à toutes sortes de moments. Au début, je crois que c’est dû à la course, mais je réalise rapidement que la douleur n’a pas de logique. Elle apparaît quand bon lui semble. Pas réellement quand je cours, mais assise, couchée, au volant, en descendant les marches à 14h. Puis, étrangement, à 14h30, en les redescendant, ça vole comme si tout était OK, comme s’il était neuf. Le lendemain, ça fait mal deux sur dix au début de la course.  Je me dis, ah je devrais virer de bord. Puis tout à coup, après à peine 500 mètres, ça disparaît.

La semaine suivante, à 6h avec mon ami Pierre, je dois rebrousser chemin après 50 mètres. Trop de douleur pour continuer. 🙁

Parfois, en l’espace de 15 minutes, il va bien, il va mal. Mon moral avec!

Donc, après dix ans j’ai un genou à refaire ou j’ai un genou bipolaire? Je veux dire, Doc? Comment je fais pour «dealer» avec un genou bipolaire?

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La veille de Boston 2016, à l’expo du marathon, je boitais tellement que j’ai pris les escaliers roulants pour aller chercher mon dossard. Mon amie Micheline et moi étions totalement perdues pour trouver la place où prendre nos dossards. Ce qui fait qu’on a dû passer une demi-heure à aller d’un escalier roulant à l’autre. Je voulais pleurer. Juste m’imaginer descendre les marches… AAHHHHHHHH!

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Puis, le matin de la course. Tout est OK. Je veux dire un peu raide, mais grosso modo ça va. Je cours Boston en entier. Un succès pour moi, une belle gestion de course. Le premier demi en 1:53:26, le deuxième demi en 2:02:34. Malgré la chaleur, le vent et la fatigue, je prends neuf minutes de plus pour faire le deuxième demi. Pour moi, c’est une grande réussite. Apprendre à bien gérer son énergie dans un marathon si casse-cou, c’est quelque chose auquel je travaille depuis longtemps. Au final 3:53:00. 325e sur 1254 dans ma catégorie. En plus j’ai eu du fun, quoique j’ai travaillé fort! 

Ce qui est encore plus le fun c’est qu’il me reste place à amélioration. Depuis mon retour, dans mon petit cerveau en constante ébullition, je fais des scénarios à comment je pourrai le faire mieux l’an prochain. Comment j’adapterai encore mieux mon entraînement pour cette bête. Ahhhh, j’ai déjà hâte!

Malade la madame, vous vous dites? Oui, totalement!

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«Ton genou?», me demandent mes amis après la course. «Quel genou!» que j’ai envie de leur répondre tellement il a collaboré et a juste fait la job comme son frère à gauche.

Eh Doc? Ça fait tout juste dix ans et un mois que vous m’avez ouvert pour mettre vis et autres pièces de métal. Dix ans que vous avez utilisé un morceau de mon muscle semi-tendineux pour reconstruire le ligament croisé antérieur en tant que tel! Vous m’avez dit que ça durerait dix ans cette opération. Pourquoi sur cela, avez-vous été si exact et avez-vous eu autant raison? Je veux dire, quand vous m’avez dit «Madame, vous ne courrez plus jamais». Vous étiez dans le champ complètement, car depuis j’ai couru 26 marathons. Et imaginez les km que j’ai couru pour l’entraînement. Autour de 10 000, je dirais. Mal au genou, jamais. Fasciite et tendinite du tendon d’Achille, voilà ce que j’ai eu en cinq ans, et cela, seulement deux fois.

Parce que, quand même, je vous ai écouté pendant presque cinq ans. J’ai tout cessé de 2006 à la fin de 2010. Puis un soir doux d’automne, vous savez, une soirée où ça sent bon, je me suis de nouveau lancée. J’ai recommencé en trottinant. Un gros huit minutes ce soir-là. Puis, les cinq années suivantes j’ai couru partout! J’ai été sur le party solide! Mon genou, c’était comme mon coude, il ne disait jamais rien!

ban1Crédits photos: Bill Greene/Globe Staff

Donc, je ne vous croyais plus doc. Plus du tout. Je croyais que tout ça, c’était juste pour me faire peur. Et là, en ce matin du 28 avril, à la lumière rouge, mon genou m’élance un peu. Comme ça juste pour faire ch… Une heure avant dans les marches de la maison il était parfait.

Je me sens comme un cycliste qui regarde la météo: 40% de probabilité d’averse. Debout à côté de la bécane dans le garage. Je les gonfle ou pas ces pneus, je les enfile ou pas ces gants?

Fuck les probabilités! Moi je pars pour Bear Mountain avec mes amies faire mon ultra-marathon de 50 km. On est trois filles sur le party dans la voiture qui s’en va demain matin vers les belles montagnes. Nous allons trottiner dans les bois en jasant de tout et de rien. De temps en temps on va nous donner des patates bouillies avec du sel, des chips, du Coke et on va trouver que c’est le plus grand des festins. Puis, complètement gaga après avoir goulûment avalé ces produits «santé», on disparaîtra de nouveau dans les bois en papotant de plus belle.

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Je veux en profiter. Je sais qu’il s’en va le chien. Il s’égraine tranquillement. Je sais qu’il me laisse tomber. Une obsolescence réellement bien programmée. Jamais je n’y aurais cru.

Dix ans. Euh, ça ne vous tentait pas d’en faire un modèle super résistant? Une longue durée? Ils font bien des batteries de longue durée non? Pourquoi pas une opération d’une petite madame hyperactive?

Mais là, pour le moment, tout est tout croche! Je n’ai jamais vécu avec quelqu’un d’instable émotionnellement. Bien là, j’ai mon genou, vois-tu. Faut faire avec. On va au spectacle en espérant que tout ira bien. Puis, si ça dérape, on sort avant la fin de la séance. C’est tout. Mais je ne peux pas, pas y aller, ce serait capituler. Ce serait accepter. Je ne suis pas rendue là.

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Voilà dix ans, une amie psychologue m’avait dit qu’une des choses les plus dures quand on prend de l’âge, c’est de faire des deuils.

AAAAAHHHHHHHHHHHHHHH !

(C’est un cri de mort ça au cas où vous auriez besoin d’une traduction.)

J’y arriverai jamais pour la course. Je n’ai pas cette sagesse, ni cette maturité. Et puis, je me contrefous de la sagesse et de la maturité. Je veux courir partout comme un enfant qui vient d’apprendre à courir et qui réalise que c’est l’ultime liberté!

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Je capote. Ne me demandez pas comment je vais ces temps-ci parce que je risque de m’asseoir à terre et de pleurer. Avec des gros sanglots qui coupent le souffle. Des sanglots sans fin.

Eh doc, ma vie c’est la course. On fait quoi?

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Se résigner ou en profiter?

Blogue no 8 | 6 avril 2016

«Se résigner ou en profiter?
Être fâché ou heureux?
Vous choisiriez quoi vous?
Moi, j’ai choisi d’en profiter!»

Apprendre le lâcher-prise. La course, ça peut aussi faire ça pour nous, si nous le voulons bien par contre!

1er novembre 2015 dans un hôtel à New York City.

5h du matin. Le réveil sonne. J’émerge d’un sommeil pas si réparateur. J’ai, et j’aurai toujours des papillons dans le ventre la nuit avant un marathon. Vous savez, ça nuit au sommeil, une gang de papillons sur le party dans un ventre!

Je m’assois sur le bord du lit. Les yeux brumeux, le cerveau englué dans je ne sais quoi. Je mets mes lunettes. Ça aide toujours à enlever la brume, une paire de lunettes. Puis, je dépose doucement les pieds au sol pour me lever bien tranquillement. Ce sera bien le temps, plus tard aujourd’hui, d’être vite sur mes patins. Pour le moment, je suis encore dans la brume. Puis tout à coup, un éclair de douleur dans le pied gauche. Je suis incapable de mettre mon poids sur mon pied. Euh? C’est quoi ça? J’ai un marathon à courir dans quatre heures. C’est quoi cette douleur? Je boite du lit à la salle de bain. Quoi, je dirais maximum sept pieds. Je boite de nouveau de la salle de bain à ma valise. Puis, je boite de ma valise au lit, et encore et encore. Pas moyen de mettre mon poids sur mon pied. Je ne peux imaginer ce que ce sera à la course tantôt.

En me préparant, je glisse ma carte de crédit dans ma poche de short et je dis à Lionel: «Va pas trop loin ce matin, ça me surprendrait que je fasse plus de 2 km avec cette douleur». Il n’y comprend rien et moi non plus. Depuis des semaines, mon body est une machine de course. Une machine pas super performante, mais une machine bien heureuse, bien endurante et bien huilée. Et puis, ce matin, après une nuit calme. Ça fait mal. C’est comme si mon pied n’avait plus de flexibilité. Comme s’il était coincé. Je le tâte un peu, mais rien n’y fait. Je le regarde un peu. Il ne me regarde pas et ne veut pas me parler. Il boude voyez-vous. Pourquoi? Aucune idée.

Je continue ma préparation. Comme à l’habitude, je ne déjeune pas avant mon marathon. Comme à l’habitude, je fais les cent gestes qui sont tous si importants avant de s’élancer pour 42,2 km. Puis nous partons vers la ligne de départ.

Je rejoins mon amie Marie-Ève à son hôtel. Je lui glisse un mot au sujet de mon pied qui me fait de la misère ce matin. Pourquoi pas la semaine dernière, pourquoi ce matin? CE matin. À New York. LE matin de ce marathon que je rêve de faire depuis toujours.

Mais bon, je ne stresse pas tant que ça. Je ne suis pas fâchée ni déçue. Je ne suis pas grand-chose finalement. Je suis juste là avec mon amie et des milliers d’autres coureurs. Tous inquiets, tous heureux, tous trépignants d’impatience.

Je suis là tout simplement. Je vais partir avec tous les autres et je courrai ce que je pourrai courir. Ce sera ce que ce sera. Que sera sera! Y’a rien d’autre à faire. Pas de crise, pas de cri, pas de grandiloquence. Une situation qui demande une adaptation.

J’ai deux choix. Je suis «furax» ou j’avance sans me poser de question. Je verrai. De toute façon, quoiqu’il arrive ce sera super. Pourquoi? Parce que j’ai l’immense chance d’être là dans cette ville qui est une des plus belles villes au monde. Là où tout peut arriver. Ils sont si nombreux à l’avoir chanté. La chance d’être avec celui que j’aime Lionel, avec mon amie Marie-Ève, et avec tous les autres. J’ai l’immense privilège d’avoir pu me rendre là sous ce ciel d’automne, entourée de l’énergie fabuleuse de plus de 50 000 coureurs.

J’attends le départ. Je ne pense pas à grand-chose. Quoique si. Je pense quand même un peu: S’il faut que j’arrête la course, Lionel et moi on ira se prendre un méga gros brunch luxueux avec cappuccino et mimosa. Dans cette grande ville, il y a de quoi prendre cinq livres en seulement deux jours d’escapade. Ah, ça va être le fun! Un brunch d’amoureux à New York City! Ce n’est pas rien! Puis on reviendra applaudir les coureurs. Ça, j’adore aussi.

Donc je gagne ou je gagne.

Maudit que la vie est belle! 🙂

P:S.: Je l’ai fait au complet ce marathon. Après un kilomètre, à la fin du pont Verrazano-Narows la douleur est disparue comme elle était venue. Sans dire «bonjour», sans dire «au revoir». Tu parles d’une «p’tite bonyenne»!

Je crois que si je m’étais mise à capoter, à stresser, bien elle serait restée cette douleur et elle aurait eu le dernier mot. Elle se serait ancrée en moi. Sachant qu’elle y avait sa place. Que je la lui donnait toute cette place, elle l’aurait occupée.

J’ai gagné. Elle est partie sans un souffle. Sans appel. Voilà. Je n’avais finalement, qu’à ne pas trop m’en soucier. Elle n’avait pas de place dans ma vie, ce matin-là. Elle ne pouvait pas m’enlever mon rêve. Sur mon chemin, il n’y avait de la place que pour avancer et aller au bout puis ramasser fièrement ma médaille, les jambes en feu!

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À la course, je ne cours pas!

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Tous les jours, je tente de faire 16 heures de travail en 10 heures. Jamais de repos, parce que je suis toujours en retard sur l’objectif, toujours à bout de souffle, toujours insatisfaite du travail accompli, toujours anxieuse de ce que j’aurais dont pu faire mieux.

Vous, vous êtes comme ça à la course.

Moi, le seul moment où je ne suis pas à la course, c’est quand je cours.

Je cours après rien. Je cours pour courir. Juste pour avancer, juste pour respirer le temps et la terre, cette merveilleuse terre dans la galaxie. Il n’y a pas de moment où je prends plus le temps de regarder, de sentir, de respirer, de vivre, que quand j’enfile mes runnings! Parce qu’enfin je n’ai pas d’objectifs de performance. Ça fait du bien, vous n’avez pas idée!

Parfois, je pars pour trois heures avec mes amis. J’en suis après énergisée pour trois jours.

Parfois, je pars seule. Le 25 décembre, je partais seule parce que c’était écrit que cette journée allait être trop spéciale pour être partagée. Unique. Son sens profond ne pouvait être compris.

Je vous partage un peu ici cette journée spéciale. Maintenant, après un mois à avoir décanté. Les grands bonheurs étant comme les grands malheurs, il faut laisser le temps les adoucir, faut laisser le temps faire sa job. Comprendre ce qui s’est réellement passé, et pour ça, il faut du temps. Ça m’a pris un mois à réellement comprendre ce qui s’est passé le 25 décembre 2015.

Ce matin, j’ai compris. Je viens de «flasher». Au retour d’avoir été courir dans les sentiers enneigés de Mont-Saint-Hilaire, j’ai compris.

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Oui, 40 ans à une journée près, séparaient le 24 décembre 1975 au 25 décembre 2015.noelVous le savez, je vous ai cassé les oreilles avec ça toute l’année, je voulais faire plusieurs marathons en 2015. Mon objectif réel et secret était d’en faire une douzaine. Un chiffre cool ça, douze. Comme un par mois. L’année avançait , il me restait de moins en moins de temps pour réaliser cet objectif. Puis vers le 15 déc., je vois qu’il va faire incroyablement chaud autour de Noël. Juste parfait pour atteindre mon objectif. Quel jour sera le meilleur choix? Une journée calme où je n’aurai pas le droit de travailler, bien le 25 décembre, tout est fermé non? Pas le droit de travailler! Température annoncée; soleil et 8 degrés. Yeah!

Voilà donc à midi, je suis prête. Avec mon kit de course préféré, mes souliers préférés, mon sac Salomon avec eau et gels et de la magnifique musique dans mon iPhone.

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Je partais pour 42,2 km. Je partais pour plus de 4 heures avec comme objectif de savourer chaque kilomètre. Si je pouvais apprendre à savourer chaque journée comme je parviens à savourer chaque kilomètre, tout irait beaucoup mieux. J’imagine que je suis encore en processus d’apprentissage à travers la course à pied, là où justement je ne cours pas. Mon seul moment où je ne cours après rien.

Bon, je m’éloigne encore…

Bref.

J’ai couru 42,2 km. Joggé, trottiné, presque dansé, je crois que j’ai fait quelques pirouettes. Des arrêts réflexions, des arrêts photos, des arrêts émerveillement face à la beauté environnante et des arrêts pipi aussi.

Je sentais en moi la force tranquille d’un grand chêne. La même force tranquille que je sens dans une forêt. Celle qui tire et pousse sans jamais faillir. Une force pour prendre le temps de bien faire les choses. C’est indescriptible comme émotion. Si j’étais allée vite, je serais passé à côté de tout ça.

Je suis Josée la sage. Ne riez pas! J’y arrive doucement. Je pars de loin quand même…

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Apprendre à savourer. À la course j’y arrive. Pour le reste j’y travaille dur dur.

La «non-savouration», une maladie que je partage avec beaucoup de gens. Une maladie horrible qui aveugle, enlève le sommeil et coupe le souffle.

Souffrez-vous de cette maladie aussi? Sommes-nous légion?

Bref.

Bon, je m’éloigne encore.

Un concours de circonstances a fait que j’ai couru ce marathon le 25 déc. 2015. Comme je disais, 40 ans plus tard. À l’aube de mes 51 ans.

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24 décembre 1975. À l’aube de mes 11 ans. Je suis chez la voisine qui me gardait. Ce n’est pas ma mère qui est venue me chercher ce matin-là. C’est ma tante. J’ai compris à 9h le matin, en posant mon regard sur elle dans la porte d’entrée que ma vie venait de basculer. Ma mère, gravement malade depuis 15 ans, venait de décéder. À 48 ans.

Ce 42,2 km c’était une façon de célébrer les 40 années qui ont suivi. Par son grand amour, ma mère m’avait laissée assez forte pour être capable de bâtir une belle vie.

Merci maman.

Ce matin j’ai réalisé que ce marathon c’était pour toi, comme quand, après l’école, on arrive en coup de vent à la maison avec notre dessin à la main en criant «Mamam, maman, vient voir ce que j’ai fait!»

C’était un partage avec toi.

Je vais t’aimer toute ma vie.

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Pour voir le parcours sur Garmin Connect: Cliquez ici!

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Mon plan: Bâtir un complice!

Au marathon d’Ottawa, je voulais valider que mon plan est en train de m’amener là où je veux aller.

Je veux devenir endurante. Une coureuse qui résiste bien à la fatigue. Une coureuse genre «née pour courir longtemps».

Je me suis donné du temps. Des années. Parce que c’est un projet en plusieurs étapes.

Je suis un arbre.
Ça prend du temps.
Mais à la fin, s’il a fait la bonne chose et dans la bonne direction, je vous jure, il n’y a rien de plus beau qu’un grand arbre fort et imposant.
Mon body sera fort et imposant.
Ça vous fait sourire je sais bien, que je veuille être forte et imposante!
Surtout que je veux courir léger.
Bon.
Revenons à nos moutons:
Le plan, donc:

  • Bien courir. Je veux dire bien utiliser mon corps. Faire le bon geste. Pas sur les talons, pas sur le bout des pieds, le regard au loin, les bras relax, les abdos impliqués et tout le reste. Courir bien quoi! Courir ce n’est pas marcher. Utiliser les bons muscles pour faire la bonne chose comme les quadriceps à la course servent à absorber l’impact et non pas à aller porter le pied loin devant soi. Et tout le reste. Trop le fun de faire la bonne chose. Ça court tellement mieux. Tellement plus le fun.

  • Éviter les blessures. Principalement en apprenant à respecter mon corps. À l’écouter. À suivre son rythme. Il a besoin de repos, bien voilà, juste à aller moins vite. Pourquoi je m’obstinerais? Il a toujours le dernier mot. Et je le sais. Je l’ai appris à mes dépens. J’ai longtemps été blessée. C’était toujours la faute des autres. C’était toujours arrivé je sais pas comment… De la malchance quoi! Je m’auto-racontais des histoires. Et je les racontais à mes amis, à ma famille, et je crois même que j’en parlais au gars du dépanneur quand j’y allais! Fallait bien me convaincre que je n’avais rien à voir avec cette blessure, mais vraiment aucune responsabilité!
  • L’écouter ce corps. Ça veut dire l’écouter bien avant qu’il ne crie. Au moindre murmure d’inconfort, je «slaque la poulie». C’est quoi un «murmure d’inconfort»? Voilà, ça se passe toujours au réveil. Je dépose les pieds au sol et voilà que «j’ai» un genou, ou un pied ou un tendon d’Achille. En tout cas, j’ai comme quelque chose de nouveau. Au lieu de penser à mes soucis, et à ma todo list, voilà que je pense à mon pied droit, là plus spécifiquement au talon. C’est ça un murmure. Parce qu’habituellement je me réveille sans corps. Juste avec l’immense todo list de la journée.

  • Courir léger. Apprendre à économiser l’énergie. Courir avec moins de gaz, ça permet de courir plus longtemps avec un réservoir. Je veux être la championne. Être la plus écoénergétique possible. Probablement que je gagnerais un prix quand ce sera fait. Un prix LEED ou je ne sais pas quoi!
  • Me débarrasser du stress de performer. Laisser le corps donner ce qu’il a, tout simplement. Lui donner tout ce qui est possible pour qu’il donne beaucoup. Ça veut dire ne PAS abuser de lui. Ça veut dire l’aimer. Ça veut dire prendre soin de lui.
  • Courir beaucoup. Et beaucoup lentement. Mes longues distances je les fais maintenant en écoutant les podcasts de Radio-Canada, tsé genre Classe Économique et Les Années Lumière. Je vous jure, il n’y a rien de mieux pour respecter le rythme lent. Adorable. Pourquoi se presser? Il y a quelqu’un qui est en train de me raconter une histoire, pourquoi je voudrais que ça arrête?
Josée en pleine action. Trop vite pour la caméra! ;-)
Josée en pleine action. Trop vite pour la caméra! 😉

Je vous dis: Marathon de Paris 12 avril, Ultramarathon 50 km de Bear le 3 mai et marathon d’Ottawa le 24 mai. Trois marathons en six semaines. Et je file tellement bien. Je ne sais pas moi, mais mon corps en ce moment il aime bien comment je le traite!
Comme un vrai complice, il est prêt à me suivre partout!

Le traitez-vous comme un complice vous votre corps?

Ou comme une vache de laquelle on veut tirer soixante litres de lait par jour et la tuer dans trois ans parce qu’elle est finie?

Allez soyez honnête!

Je ne veux plus vous voir blessés. Faites ce qu’il faut. Vous avez ce qu’il faut.

Aimez votre complice passionnément et traitez-le tout doucement. Il vous suivra dans toutes vos aventures!

C’est un bon plan, non?

Allez, je vous aime!

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Marathon de Paris en mode Personal Happiest!

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J’ai eu deux vies de coureuse. De 1998 à 2005 et de fin 2010 à maintenant. Entre les deux j’ai écouté mon orthopédiste qui m’avait dit: «Vous ne courrez plus jamais. Vos deux genoux sont finis. Vous devez faire autre chose!»

OK, là! Relisez le premier paragraphe, c’est important! Je sais, vous êtes un peu déconcentrés par tout ce que vous avez dans la tête en ce moment, mais go! Relisez !

En 2014 j’ai fait quatre (4) marathons. Cette année, en 2015, j’en suis à mon deuxième. Je me lance dans un ultra marathon dans trois semaines à Bear Mountain dans l’état de New York. Un 50 km de sentier. Ça sera une autre découverte. Probablement, aussi une découverte de moi-même. Mal aux genoux? Euh, non pas du tout! Pourquoi demandez-vous ça?

Pour moi la course c’est la vie.
Ces cinq années de course m’ont été volées.

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Préparation d’un marathon avec Léo Ferré, Charlebois et les Beatles!

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25 décembre 2015

Cet automne nous avons été choyés. De la douceur, pas de froid, pas de neige. Le 25 décembre vous étiez des centaines au Québec à courir partout en short et en t-shirt. Le bonheur quoi! C’est pas des farces, Facebook sentait le «d’sous d’bras» cette journée-là!

Moi je travaillais à la boutique, mais en même temps je préparais mon événement à moi. Ma gâterie ultime de l’année 2015. Un marathon avec Léo Ferré, Charlebois, les Beatles, Harmonium, Aznavour, Piaf, Plume et les Rolling Stones. Dans ma ville préférée: Montréal. Celle que j’ai parcourue à la course de 2001 à 2005, puis de nouveau en 2010 et 2011. Partout. Partout. Je connais ses ruelles, ses rives, ses quartiers industriels presque abandonnés en cours de revitalisation, ses grandes artères commerciales à 6h le dimanche matin, son magnifique Mont-Royal, ses marchés publics, les beaux quartiers chics tels Westmount, NDG, Outremont, ma rue où j’habitais, Grande-Allée, ses belles voisines Laverdure, avenue d’Auteuil, ses quartiers plus glauques tels St-Michel, Homa dans le coin d’Ontario, etc. La coureuse que je suis est née à Montréal.

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Vous dites souvent, je n’aimerais pas ça courir à Montréal. Mais probablement que vous n’y avez jamais été. En fait, dans la vie on n’est pas bâti pour aimer ce que l’on ne connaît pas. Probablement pas assez d’amour en nous pour ça. C’est réservé à ceux que l’on connaît, et encore. Mais bon je m’éloigne.

Retour à ma fameuse préparation qui a été comme un emballement d’expectatives. Ouf! Ça va être extra! Ferré la chantera probablement en plus, sa chanson «C’est extra». Je vais mettre mon iPhone sur aléatoire. Ce sera comme à un spectacle. C’est quand qu’elle arrive MA chanson préférée?

Vous imaginez? Non, mais vous ne pouvez peut-être pas si vous ne connaissez pas Ferré. Édith. Plume. Ce sont des poètes, des étoiles dans le firmament. De ceux qui par un seul couplet peuvent vous virer à l’envers pour longtemps, vous indiquer la voie, vous faire des reproches, vous aimer aussi. Vous imaginez courir avec eux? Tout doucement. Ça va être totalement génial. J’ai hâte que Ferré me refasse «Avec le temps». J’espère que Plume aura le temps de faire «Les Pauvres», les Beatles avec «Revolution». Je vais aller tout doucement pour qu’ils aient tous le temps de m’offrir leurs plus belles oeuvres.

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Donc parcours. Fait. Ce sera beaucoup de rive. Quartier chinois, Vieux-Montréal, les Silos du Vieux-Port, Marché Atwater, Canal Lachine, Parc René-Lévesque, une presqu’île qui avance dans le fleuve avec ses sculptures. Puis retour par les pistes cyclables qui longent la rive pendant, quoi, 13 km et qui passent devant les vagues éternelles où il y aura peut-être des surfeurs en train de s’amuser. Bien quoi, même si ce sera le 25 décembre, il fera 7,5 degrés et soleil. Puis, je passerai par le Parc des Rapides, une presqu’île où il est possible de voir la vitesse de l’eau, sa force et sa beauté. Ce fleuve, il est majestueux, vous savez. Son eau est précieuse. Un jour nous devrons nous battre avec pugnacité pour elle. La planète nous envie toute cette eau fraîche et douce. Mais je m’éloigne encore une fois.

Puis je bifurquerai par la rue de Verdun à Verdun. Vous ne savez pas vous, que petite jamais personne ne m’a battu au Monopoly. J’étais une «p’tite wise». En 1994, Lionel et moi avons acheté un cinqplex sur la rue de Verdun à Verdun, puis un 2e en 2000 juste en face du premier. Puis, en 2008 un troisième sur la même rue de Verdun, plus près du bord de l’eau. Nous avons passé 16 ans à travailler en fou à remettre ces maisons en bon état, logement par logement.   Je n’avais pas réalisée jeune le travail que cela représentait d’investir dans l’immobilier. Au Monopoly les toîts ne coulent pas! J’avais bien du fun à acheter la rue Indiana ou Kentucky au complet, puis je continuais par les rues chères telles Pennsylvania et Pacific Avenue. Adulte, j’ai acheté la rue Verdun à Verdun. On me disait au début, «touche pas à ça, c’est un quartier dangereux, il y a le feu partout». Mais je n’écoute que rarement les gens. Je les trouve un peu engoncés dans les vérités connues de tous, mais pas du tout vraies. Donc Lionel et moi avons acheté là-bas. Nous avons adoré. Au fil du temps, plusieurs personnes ont aussi découvert Verdun.

Ok, je reviens à mes moutons.

Donc, je vais passer devant les trois maisons que nous avons dû vendre pour le projet d’une nouvelle Maison à Mont-Saint-Hilaire. Vous la connaissez tous, la Maison de la Course. Je prendrai des photos. Ça va me faire du bien de les revoir. Peut-être que je croiserai un des locataires et que je pourrai prendre des nouvelles d’eux.

Puis, je passerai par le Marché Atwater désert en ce jour de fête. Et j’enfilerai sur une rue qui revit à 100 milles à l’heure en ce moment, la rue Notre-Dame qui est maintenant «Griffintown». Un lieu où, même en 2005 je n’osais m’attarder, maintenant devenu un endroit chic et trendy. Finalement, je passerai par le centre-ville avec ses majestueuses décorations de Noël, sans neige peuplée de quelques touristes perdus dans les rues calmes.

Retour à la voiture. S’il manque quelques mètres pour faire un marathon, je continuerai jusqu’au mythique 42,195 km.

Je vais stationner ma voiture près du Starbuck de la rue St-Denis pour pouvoir me prendre un «Flat White» pour le chemin du retour. Un café Starbuck comme médaille. Ça devrait faire l’affaire. Il n’y aura que lui d’ouvert de toute façon un 25 décembre.

Donc demain. Demain il faudra un short et un chandail très léger à manche longue. Un jour de Noël, pas de tuque, pas de bas chaud, pas de cache-cou. Juste du confort. Il faudra mon sac d’hydratation Salomon. Mes gels, surtout mon gel «power-débile» le Louis Garneau Expresso à 125 mg de caféine. Ça va remplacer les spectateurs de la fin.

Youppi! Youppi! Youppi!

Je capote!

Je suis prête. Je serai seule. Non, je serai avec eux. Et aussi avec bien d’autres gens. Je pense que nous jaserons un peu demain. Tout doucement. Peut-être sans mot. Sûrement sans tracas. Juste le bruit des pas, de l’eau et les voix de ces géants.

Ah, ce sera magique!

 

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Sur le cul !

18 juillet , je commence mon 5è blog

Sur le cul!

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Eh oui, je me retrouve blessée! Une blessure que je n’avais jamais eue. Puis, comme je ne fais jamais les choses à moitié, la littérature dit que c’est une des pires blessures à avoir pour un coureur. Tendinite du tendon d’Achille. Je ne comprends pas ce qu’Achille vient faire dans ma vie!

Euh!

Donc ma vie est finie!

Je veux dire, on est quoi quand on n’est pas un coureur? Hé hé, ne me jetez pas de pierre, je blague un peu. Juste un petit peu, parce que sérieux, je suis sur le bord de me jeter du pont là, si ça continue.

Bon. Il parait qu’il faut faire autre chose. Donc, je spinne depuis deux semaines dans une salle fermée avec de la musique à rendre sourd et une personne charmante qui s’époumone là devant. J’ai fait de la musculation spécifique, j’ai essayé le crossfit que j’ai bien aimé, mais je ne suis pas certaine que ce soit ce que j’ai besoin pour faire mon marathon dans six semaines.

Et je mange. Parce que j’ai un peu plus de temps. Donc, un peu de vin par-ci par-là ça calme l’envie de courir. Donc bon vin et bonne bouffe! Ah là, le bon vin, ça me remonte le moral et la balance aussi! J’ai pris 5 lb en deux semaines. Si on fait une règle de trois, ça donne: 5 lb X 26 semaines: 130 lb. Whoa les moteurs! À tout juste 5 pieds, vous imaginez! Mon chum me trouverait des nouveaux surnoms gentils c’est sûr!

Habituellement j’irais me cacher dans le fond des bois et j’essayerais d’oublier à quel point courir est essentiel dans ma vie, à quel point ça me permet de continuer, de me lever chaque matin et savoir que comme à la course, il faut juste avancer. Mais là, je suis stoppée net! Ce qui est dur?  Mon univers est tapissé de coureurs heureux, aux sourires gagas, avec leurs amis quand ils reviennent de courir. Et ils sont fantastiques ces gens. Ce que j’aime réellement le plus c’est d’aller courir avec eux. Je ne sais pas pourquoi j’aime tant ça que ça. Mais c’est pur. Un plaisir pur.

J’ai été raisonnable avec cette blessure, mais malgré tout, c’est une coriace cette tendinite!

Entre temps si vous avez le goût

Oups! Ça s’est arrêté là le 18 juillet! Pour reprendre le 22 août.

Reprise de l’écriture du blog No 5:

22 août

Stoppée net le 18 juillet, je n’avais plus d’inspiration. Je n’ai même pas mis un point le 18 juillet avant de fermer l’ordi. Rien. C’est resté comme ça depuis un mois. J’ai dû l’ouvrir quatre ou cinq fois et je le refermais. Rien à ajouter. Vide, un vide d’inspiration. Et voilà les dommages que ça fait dans nos vies de ne pas courir. On n’avance plus.

Il y a des gens qui disent courir pour maigrir. Courir pour être en forme. Courir pour ne pas vieillir. Moi, je crois que vous êtes tous un peu menteurs et que vous courez pour être heureux. Pour être plus fort. Plus résilient. Dans le fond, plus «toffe», du mot «tough» en anglais. Mais vous ne voulez pas le dire, parce que, qui veut passer pour un «toff» ou une «toffe»? Encore pire une «toffe». On devrait toutes êtres des princesses, tissées de fil de soie, avec le sourire béat d’amour éternel. Des mères Thérèsa quoi!  Mais finalement, on le sait bien, ce qui est réellement utile dans notre société, c’est être une «toffe» que rien n’arrête. La réalité c’est qu’être mère demande cette capacité, cette force. Être femme de carrière aussi. En fait, pour faire sa place. Pour avoir son bout de soleil dans cette forêt où le soleil n’est pas donné à tout le monde, bien il faut jouer un peu des coudes. Parfois, un peu plus qu’«un peu». Parfois faut arrêter d’espérer et il faut demander. Et parfois il faut exiger et se fâcher un petit peu et parfois, faut se fâcher bien noir!

Et c’est là qu’être une «toffe» ça aide. Être un «toff» aussi ça aide. Mais c’est un peu plus dans l’ADN des hommes d’être ainsi. Pour les femmes, ouf, on y travaille!

Vos enfants ont besoin de parents forts et prêts à tout pour eux. La course, ça aide à le devenir. Surtout par plus 30 degrés ou par moins 25. Parce que c’est dans ces moments que notre ténacité ressort et qu’elle grandit, lors de cette journée où il n’y a que vous pour être assez fou pour aller courir par cette température! Cette journée où votre beau-frère vous traite de «malade». Cette journée où vous y allez malgré les avertissements météo, c’est celle-là qui vous donne plein de «Air-toffe» à réutiliser au moment opportun.

Faites-en une grande réserve de «Air-toffe» parce qu’un jour vous en aurez besoin pour traverser l’océan par une tempête horrible qui secoue tout sur son passage.

100 000 Air-Toffe, c’est le minimum à avoir en banque! Et la seule façon que je connais de les ramasser ces Air-Toffe, c’est un kilomètre à la fois!

Alex, Rachel, Karine et Jean-Marc
Alex Genest, Rachel Paquette, Karine Champagne et Jean-Marc Gagnon.

Voici ici des photos de d’amis qui sont des champions ramasseux de mille «Air-toffe». Je les admire et je pense souvent à eux quand c’est moi qui en arrache! Ils sont mes coachs sans le savoir!

Joan, Marie-Eve, Marlène et Thibaud
Joan Roch, Marie-Eve Racicot, Marlène Couture et Thibaud Friess

Est-ce que ça vous tente de créer une immense mosaïque de coureuses et coureurs, petits et grands, jeunes et vieux, en train de ramasser des miles «Air-toffe» ? Envoyez vos photos, nous nous occupons du projet. J’ai trop hâte de voir le résultat final! Ce sera BIG!

Luc Lafortune, Alice Cole, Patrick Sirois, Patrice Godin
Luc Lafortune, Alice Cole, Patrick Sirois, Patrice Godin

Allez, je vous aime!

Pour partager votre photo l’envoyer à info@maisondelacourse.com Elle sera sur la superbe mosaïque! 🙂

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Mon premier ultra-marathon 50 KM en mode PF!

Pourquoi pas en PH (personal happiest). Hé, parce que j’y ai été de quelques erreurs stratégiques : Comme faire le marathon de Paris vingt jours avant celui-ci. Puis, ne m’adonner à aucun entrainement en sentier depuis cinq mois. Et finalement, ouvrir une deuxième Maison de la Course, en mars dernier.

Il faut choisir ses priorités et mon premier ultra à Bear Mountain ne pouvait pas, malheureusement, être en tête de liste. Je me reprendrai. Promis. J’y retournerai et la prochaine fois je ferai ça en PH du KM 1 au fil d’arrivée, avec le sourire accroché.

Mais.
Mais là, j’ai fait un beau gros PF. Un mode «Pour Finir». Juste comme ça. Au début, il y avait du PH, mais au km 20, Nancy ma partenaire de course, me demande: Pis Josée? T’es-tu en mode PH?

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Alice Cole, son accident et moi.

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Je peux courir. Et à chaque fois que je pourrai, je me souviendrai.

Le samedi suivant mon marathon d’Ottawa, je reçois un appel de Julie. Il est 22h36 le 30 mai. À cette heure, la petite dame que je suis est depuis longtemps «déploguée» de la réalité et complètement heureuse dans les bras de Morphée!

À mon réveil dimanche matin à 5h, par habitude, je jette un oeil à mon téléphone cellulaire. Ah, un appel manqué. À 22h36. Étrange. Ça doit faire dix ans que personne ne m’a téléphoné à cette heure-là. Je veux vérifier le numéro et par erreur je pèse dessus et me retrouve avec quelqu’un qui me répond. Une personne bien éveillée est au bout du fil, je vous rappelle là qu’il est 5h10 du matin un dimanche matin. Il est visible au ton du «Allo» que cette personne n’a pas bien dormi.

1-Alice avec Julie Deslauriers du Quartier 50+ 2-Alice lors de sa conférence au Quartier 50+
1-Alice avec Julie Deslauriers du Quartier 50+
2-Alice lors de notre conférence au Quartier 50+. Elle démontre les exercices que son entraineurs de musculation, Pierre-Marie Toussaint lui fait exécuter. Elle est pro, ça se voit!

Je me confonds en excuse. Puis Julie, Julie Deslauriers la coordonnatrice du Quartier 50+ de Saint-Jérôme, me reconnaît et me dit «Josée, Alice est à l’hôpital. Elle a eu un accident de voiture hier après-midi lors de son arrivée à St-Jérôme».

Si vous ne connaissez pas Alice, vous avez un devoir moral de regarder ces vidéos. Une dame de 81 ans qui détient une panoplie de record du monde à la course dans les distances de 100 mètres à 800 mètres. C’est une coureuse accomplie dans tous les sens du terme. Elle est déjà venue à la Maison de la Course courir avec ses admirateurs un 5 km en 28 minutes. Elle a couru des heures pour le tournage de l’émission Une pilule, une petite granule à Télé-Québec.

Vidéo Alice à la Maison de la Course: cliquer ici
Une pilule, une petite granule: Sport et vieillissement cliquer ici

Donc de retour avec moi à 5h10 du matin un dimanche matin:

Le coeur m’arrête. La tête aussi. Mais voyons ce n’est pas possible. Elle est comment Alice? Ça va? J’ai tellement peur de la suite. J’ai le goût de dire «Ne dit rien» parce que ça pourrait tout effacer si elle ne répondait pas, non? Je veux dire, nommer des blessures graves pourrait les cristalliser.

Julie: Elle va bien. L’hôpital a voulu la garder. Elle est ok. Mais elle est quand même sérieusement amochée. Elle venait à St-Jérôme pour rencontrer Monsieur le Maire, des journalistes, ses admirateurs du Quartier 50+ et plusieurs autres personnes.  Ce matin, il était prévu qu’elle fasse une sortie de course avec les nouveaux coureurs du Centre 50 + qui se sont mis à la course après votre conférence à Alice et toi l’automne dernier. Tu sais Josée, ils ont tellement hâte de courir avec Alice et de lui montrer ce qu’elle a fait pour eux, comment elle les as inspirés à ne plus croire qu’ils sont trop vieux. Elle était dans un taxi quand le violent impact a eu lieu.

1-Déjà le sourire. Prête à quitter l'hôpital. 2-Le taxi à la fourrière. Il est perte totale.
1-Déjà le sourire. Prête à quitter l’hôpital.
2-Le taxi à la fourrière. Il est perte totale.

Et moi qui me fais la réflexion: Ah merde! Elle qui doit prendre l’avion cet été pour se rendre à Lyon aux Championnats du monde, et toutes les autres compétitions qu’elle a à son agenda en 2015. Ça ne se peut pas! Elle y tient tant. C’est si important pour elle!

Dans la matinée, nous avons réussi à localiser Alice, Lionel et moi. Heureusement, son entraîneur d’athlétisme Dorys Langlois était avec elle à l’hôpital depuis le début de la matinée. J’avais un rendez-vous au Demi-Marathon de Laval où Maison de la Course était impliquée, je ne pouvais pas me libérer avant l’après-midi. Nous avons été la chercher à l’hôpital quand elle a eu son congé vers 14h. Diagnostic: Une clavicule de fracturée, une entorse à la cheville, l’arcade sourcilière largement ouverte, il a fallu plusieurs points de suture, et une commotion cérébrale. Rien que ça!

Nous arrivons dans le corridor et de loin nous voyons une petite jeune debout toute guillerette. Ma tête me dit c’est Alice. Mon coeur bondit. Sérieux, elle est déjà debout là à tournicoter autour du lit et à se faire des amis dans tout le département! Avec sa robe d’hôpital «cheapette» qui lui donne une allure encore plus frêle, elle a l’air d’une boule d’énergie. Alice: frêle et pleine d’énergie, même à l’hôpital le lendemain d’un accident de voiture!

C’est bien notre Alice ça!

1-Lionel: «Alice, ils demandent ton numéro d'assurance sociale?» Alice: «Ah oui? Attends j'ai ça ici!» 2-Alice. Nous n'avons jamais retrouvé ses lunettes. 3-Lionel à l'hôpital avec les documents du médecin.
1-Lionel: «Alice, ils demandent ton numéro d’assurance sociale?»
Alice: «Ah oui? Attends j’ai ça ici!»
2-Alice. Nous n’avons jamais retrouvé ses lunettes.
3-Lionel à l’hôpital avec les documents du médecin.

Le département en entier est sous le charme! Fallait voir ça, je vous jure!

Le médecin vient nous voir et nous donne toutes les informations sur son état de santé actuel, sur les prescriptions et suivis à faire, sur les précautions, ainsi que tous les documents de la SAAQ et on peut voir dans son regard, à ce p’tit jeune de près de 40 ans qu’il n’a jamais vu ça, une patiente comme ça. Tout ce qu’elle veut savoir c’est «Quand est-ce docteur que je vais pouvoir de nouveau courir?» Et lui, ça lui coupe un peu le sifflet. Je veux dire il est clairement sous le charme lui aussi!

Depuis elle se soigne. Lionel l’a aidé à démarrer son dossier de réclamation de la SAAQ. Elle est bien entourée avec ses amis et ses coachs.

Quelques jours plus tard, elle est retournée à l’hôpital près de chez elle, car elle ne se sentait pas trop bien. Oups! Après des tests approfondis, voilà qu’ils découvrent qu’elle a subie des blessures supplémentaires lors de l’accident: une côte fracturée, un épanchement sanguin dans les poumons,  un pneumothorax et, finalement, un os fracturé dans la cheville.

Voilà. Son rêve est à la poubelle: Alice n’ira pas à Lyon cette année. Elle se doit d’être sage. Elle ne pourra pas courir avant au moins six semaines. Et le retour à l’entraînement devra se faire tout doucement.

Elle a pris la décision d’annuler Lyon et de se concentrer sur sa guérison. Elle est focus, notre Alice. Pour elle, que ce soit faire un record du monde au 800 mètres ou bien guérir dans un délai rapide afin de retrouver sa forme pour reprendre l’entraînement, c’est du pareil au même. C’est un objectif et Alice ne quitte jamais un objectif des yeux! C’est une tenace!

Une chose que je sais. C’est que son corps est habitué de se réparer. Il sait comment faire. Alice court depuis qu’elle a 71 ans. Elle s’entraîne six fois par semaine. S’entraîner à son niveau avec le sérieux qu’elle y met, bien un corps n’a pas le choix de devenir un spécialiste de la récupération et de la reconstruction cellulaire. Voilà ma confiance. Voilà mon espoir.

Et moi, bien et moi. Je peux courir. Et vous aussi.

Dernièrement, j’étais fatiguée, une fatigue globale. Pas vraiment physique, mais un poids. Je ne sais pas, ça arrive parfois pour tout le monde. Après le marathon d’Ottawa qui avait été un si grand plaisir, je m’étais inscrite à celui de Lake Placid. J’avais besoin d’un repos de travail, pas de réseaux sociaux, pas de PR, pas de rien. Je me suis dit, et si j’allais faire un marathon seule? Je veux dire sans en parler, sans que personne ne suive mes «performances». Comme dans le bon vieux temps. Incognito. Même ma gang à la Maison de la Course ne le savait pas. Personne!

1-Avant le départ. Comme je suis privilégiée de pouvoir vivre mes rêves! 2-Les derniers mètres du Marathon de Lake Placid.
1-Avant le départ. Comme je suis privilégiée de pouvoir vivre mes rêves!
2-Les derniers mètres du Marathon de Lake Placid.

Sur la ligne de départ. Prête et calme je pensais à Alice. À ces superbes jambes toutes ciselées par la course. Si énergiques. J’ai pensé à Alice pendant ce marathon. À sa légèreté quand elle court. Et j’ai voulu courir comme elle, tout léger. À ses bras frêles et forts qui donnent la mesure avec entrain. Et j’ai fait pareil et ça m’a fait monter toutes les côtes comme s’il n’y avait pas de côte.

Les scientifiques disent que l’énergie ne se transmet pas d’une personne à l’autre. Moi, je dis le contraire. Alice, elle a cette capacité de transmettre son énergie à des kilomètres à la ronde. Merci ma belle! Tu es pour moi toute une inspiration! Et pour une tonne de gens au Québec. Prend soin de toi et reviens-nous encore plus rapide qu’avant!

Quand j’étais petite je me disais, «Moi quand je serai vieille je serai avocate» et maintenant je me dis: «Moi quand je serai vieille je veux être Alice!»

1-Le 21 septembre, Alice chez elle. Pause numéro un dans une avant-midi de remplissage de paperasse de son dossier SAAQ. Aidé de Lionel. 2-Pause numéro deux chez Patrice le Pâtissier rue Notre-Dame à Montréal. Il parait que le chocolat ça aide la guérison!
1-Le 21 septembre, Alice chez elle. Pause numéro un dans une avant-midi de remplissage de paperasse de son dossier SAAQ. Aidé de Lionel.
2-Pause numéro deux chez Patrice le Pâtissier rue Notre-Dame à Montréal. Il parait que le chocolat ça aide la guérison!
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